On prend pour une vérité fondamentale que chacun doit mourir à un moment ou un autre. L’être humain a toujours aspiré à comprendre la mort. En 1969, Elizabeth Kubler-Ross publiait son ouvrage révolutionnaire On Death and Dying, ouvrage sur « la mort et mourir ». Son travail a révolutionné la manière dont on accompagne les personnes en fin de vie.

Pour la première fois, l’attention s’est portée sur l’expérience intérieure de la personne mourante. Depuis lors, de nombreuses théories et modèles ont été développés, approfondissant notre compréhension du processus de la mort. Ces connaissances ont permis d’améliorer les soins prodigués aux mourants et à leurs familles, notamment grâce à la création d’hospices et de structures de soins palliatifs.
La peur de la mort
En général, la mort suscite une grande peur, en particulier lorsqu’on est confronté au diagnostic d’une maladie grave. Bien que la mort fasse naturellement partie de la vie, nous avons perdu le contact avec cette expérience. Autrefois, nous passions notre vie dans des lieux où les familles vivaient à proximité les unes des autres. Les familles et la communauté apportaient leur soutien lors des événements de la vie tels que la naissance, l’éducation des enfants, le vieillissement, la maladie et la mort. Pour beaucoup, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les décès naturels à domicile sont moins fréquents. De nombreux décès surviennent désormais dans un cadre hospitalier où l’objectif principal est de maintenir le corps en vie.
La conscience d’être immortel
De nombreuses traditions spirituelles offrent un aperçu de la nature essentielle de l’esprit humain. Dans le Raja Yoga, tel qu’enseigné par l’Organisation spirituelle mondiale Brahma Kumaris, l’âme est considérée comme un point d’énergie lumineuse. Située derrière le centre du front, dans le cerveau, l’âme est impérissable et éternelle. L’âme est l’être pensant, sensible et conscient à l’intérieur du corps physique. L’âme est comme un logiciel qui fait fonctionner le corps avec le matériel du cerveau.
Dans le Raja Yoga, la spiritualité signifie vivre dans un corps humain en ayant conscience d’être l’âme, l’énergie qui l’anime.
La méditation du Raja Yoga consiste notamment à pratiquer la conscience d’âme : garder à l’esprit que je suis une âme, un être étincelant d’énergie qui anime le corps. Pendant la méditation, on peut considérer les pensées suivantes pour générer et entretenir la conscience d’âme :
Je suis une âme, l’énergie qui anime ce corps.
Je suis une âme, un être paisible.
Moi, l’âme, je suis le créateur de ma vie.
Moi, l’âme, je peins ma vie avec la beauté de mes pensées.
Moi, l’âme, j’ai le respect de moi-même pour apporter de la douceur à ma voix, de la gentillesse à mon regard et de la dignité à mes actions.
Moi, l’âme, je suis connecté à une Source Divine d’amour pur.
Dieu, un Être éternel et pur, libre de toute forme humaine, devient un partenaire et un guide, une source de lumière et d’amour inconditionnel. Dans la méditation, l’âme se reconnecte à cette présence divine, puisant une force spirituelle pour s’élever au-delà de la dimension physique et redécouvrir son identité éternelle. Le Divin est une présence bienveillante dans tous les aspects de la vie, plutôt qu’une source de soutien uniquement en temps de détresse ou de mort.
C’est le corps, et non l’âme, qui meurt
La distinction entre le corps et l’âme est importante car le corps est régi par des lois différentes de celles de l’esprit.
La dimension physique est régie par les lois du monde matériel, principalement la loi de l’entropie, qui stipule que tout vieillit, décline et se décompose, y compris les corps.
L’âme, en revanche, est régie par les lois spirituelles du karma, de l’éternité et de la connexion divine. L’âme fait l’expérience de la vie dans un corps, noue des relations, apprend et grandit. Lorsque le corps tombe malade, est victime d’un accident ou vieillit, l’âme se détache du corps. C’est le corps, et non l’âme, qui meurt.
Qu’arrive-t-il après la mort ?
Il existe de nombreuses croyances différentes sur ce qui arrive à l’âme après la mort. Selon les enseignements spirituels du Raja Yoga, l’âme renaît dans un autre corps, voyageant directement vers l’utérus qui se tient prêt pour elle. L’âme transmet, d’une naissance à l’autre, les expériences et les liens d’amour stockés sous forme de souvenirs dans le subconscient. Cette compréhension apporte l’assurance que l’amour ne meurt jamais, que nous retrouverons ceux que nous aimons.
La conscience de soi en tant qu’être éternel d’énergie, modifie radicalement la vision que l’on a de la mort. Les personnes qui ont vécu une expérience de mort imminente rapportent avoir vu leur corps d’en haut, ce que l’on appelle communément une expérience de sortie du corps.
À ce moment-là, elles décrivent une profonde prise de conscience qu’elles ne sont PAS le corps. Elles sont des êtres de lumière, flottant au-dessus de la scène, prêtes à traverser un tunnel de lumière vers Dieu. Dans ces moments sacrés, l’âme est consciente d’elle-même. Cette expérience de séparation du corps est décrite comme réconfortante, pleine d’amour et libre de toute inquiétude.
A propos de Judy Johnson

Judy Johnson coordonne les activités des Brahma Kumaris dans la région atlantique du Canada. Elle est co-auteure de l’ouvrage « The Soul Never Dies ».
