Imaginez une scène où se joue une pièce de théâtre où cinq acteurs jouent chacun leur rôle. S’ils suivent chacun leur texte, la pièce se déroule sans accroc. Mais supposons qu’un acteur oublie son texte et dise autre chose, que font les autres ? Ils ne vont pas s’arrêter pour dire : « Pourquoi dis-tu cela ? » La pièce doit continuer !

Alors les autres acteurs s’en tiennent à leur texte, ce qui aidera peut-être l’autre acteur à revenir à ce qu’il doit faire ou dire ensuite. Lorsque chaque acteur se concentre sur son rôle, sur son texte, tout se passe bien, mais si les acteurs commencent à se corriger les uns les autres sur scène, le chaos s’installe. Cela nous enseigne une leçon.
Est-ce que je me concentre sur mon rôle et mon texte dans la vraie vie ?
Si une dispute éclate à la maison avec votre conjoint, notez le genre de pensées que vous avez. « Ils auraient dû faire ça… », « Ils n’auraient pas dû parler comme ça… ». Vous vous affairez à écrire le scénario de l’autre personne dans votre esprit, et l’autre personne fait de même envers vous. Comme vous passez la plupart du temps à réfléchir à ce que l’autre personne devrait faire ou dire, vous oubliez d’écrire votre propre scénario : « Quelle est la meilleure façon d’envisager cette situation… Quels mots choisir pour m’exprimer maintenant, alors que mon conjoint est perturbé ? »
Vous connaissez les réponses à ces questions, mais votre esprit est trop occupé par ce que l’autre personne devrait dire ou faire. Pourquoi ? À cause de votre attachement à l’image de ce que vous êtes et de ce que l’autre personne devrait être : « Mon mari devrait être comme ceci… Mon enfant devrait être comme cela… ».
Mais n’oubliez pas que le mari, l’enfant, le parent, le frère ou la sœur ne sont que des rôles. Qui joue ces rôles ? L’âme, l’acteur à l’intérieur du corps. Reconnaître ce fait est la première étape pour changer votre façon d’envisager vos relations.
L’âme est un acteur à l’intérieur du corps, son costume
Vous savez peut-être ce qui est bon pour l’autre personne, mais souvenez-vous que, comme vous, elle est une âme qui suit son propre chemin. Ce changement dans votre conscience changera votre façon de penser.
Que se passe-t-il lorsque vous n’êtes pas conscients d’être l’âme qui joue un rôle ?
Supposons que vous alliez au travail. À l’entrée, vous voyez la personne qui assure la sécurité, puis la personne à la réception vous accueille. Plus tard, vous voyez votre manager et avez une réunion avec le PDG. Comment vous comportez-vous avec ces personnes ? De la même façon avec chacune d’entre elles ? Non.
Lorsque vous êtes avec le PDG, vous avez le sentiment d’être un subordonné, alors que vous vous sentez peut-être supérieur à la personne de la sécurité. Pourquoi ? Parce que vous vous identifiez et identifiez les autres aux rôles qu’ils jouent.
Lorsque vous vous considérez et considérez les autres comme des âmes, ce sont les qualités originelles de l’âme – la pureté, la paix, l’amour, la vérité – qui guident votre comportement.
Si vous êtes conscient du rôle, vous avancerez peut-être une chaise pour votre patron, alors que vous n’avez pas les meilleurs pensées ou sentiments à son égard. Le véritable respect, c’est d’avoir des pensées pures envers l’autre. Vous émettez alors des vibrations positives qui l’atteignent. La première étape pour y parvenir est de prendre conscience de l’âme.
L’âme est l’acteur qui joue un rôle. Une fois que vous commencez à vous voir et à voir les autres avec cette conscience, beaucoup de choses changent dans la vie. Vous ne vous sentez ni inférieur ni supérieur à quiconque. Vous ne cherchez pas non plus à obtenir la validation ou l’approbation des autres. Avec une pratique régulière, la conscience d’être une âme devient forte et vous agissez naturellement sur la base des qualités originelles de l’âme. Vous cessez alors d’être affecté par le comportement des autres.
Comment pratiquer la conscience d’âme ?
Vous pouvez renforcer la conscience d’être une âme de manière simple : la prochaine fois que quelqu’un vous demandera votre âge, répondez que vous êtes sans âge. Votre corps a peut-être 30, 50 ou 60 ans, mais l’âme est éternelle. Vous pouvez vous demander : si moi, l’âme, je suis éternelle, où étais-je avant de naître dans ce corps ? J’étais dans un autre corps, avec une famille différente, peut-être dans un autre pays et une autre culture. Et où étais-je avant cela ? Dans un autre corps, encore une autre famille, un autre environnement.
Réfléchir ainsi vous aide à comprendre que vous êtes bien plus que ce que vous semblez être dans le présent, et qu’il en va de même pour les autres.
Quand quelqu’un quitte son corps, on se dit philosophiquement que cette personne est venue au monde les mains vides et qu’elle est repartie les mains vides. Or, c’est faux, car cela ne s’applique qu’aux choses matérielles. Quand moi, l’âme, je quitterai mon corps, je laisserai derrière moi toutes mes possessions, mes relations, les titres que j’ai acquis… Mais je partirai avec mon karma et mes « sanskars », les empreintes de mes actions sur l’âme. Ils déterminent, dans une large mesure, la qualité de mes expériences dans mes vies futures.
Être conscient d’être une âme permet de redéfinir ses priorités
J’ai pourtant tendance à accorder plus d’attention aux choses que je laisserais derrière moi à ma mort. Devenir conscient de l’âme, d’être une âme, change ma perspective sur ces questions et me permet de redéfinir mes priorités. Reconnaître le fait que je suis une âme immortelle m’aide à prendre des décisions sur le long terme.
Je veille alors à ce que mon karma et mes « sanskars » soient corrects dans ma façon de travailler, d’élever une famille ou d’atteindre mes objectifs. Ainsi, je ne suis pas stressé par le travail et n’agit pas dans la colère.
Les pensées que je crée de manière répétée, les sentiments correspondants qui surgissent et la façon dont je fonctionne et interagis contribuent tous à former mes «sanskars », le schéma directeur des actions et expériences futures de l’âme. Lorsque je veille à ce que mon karma et mes « sanskars » soient corrects, je m’assure que ma destinée sera bonne.
A propos de B.K. Shivani

B.K. Shivani est conférencière et professeure de Raja Yoga réputée. https://www.youtube.com/user/bkshivani
