Quel genre de bonheur est-ce que je veux ?

Dr Savita

Ce qui nous rend heureux révèle certaines choses à notre sujet. Tout d’abord, notre maturité. Les enfants sont naturellement attirés par les plaisirs simples. À mesure que nous mûrissons, nous recherchons idéalement des formes de bonheur plus profondes…

Un enfant peut se sentir heureux simplement en recevant un bonbon. Un adolescent ne s’intéressera pas beaucoup à un bonbon, mais sa plus grande source de joie sera peut-être son nouveau téléphone portable. Pour un homme d’affaires, le bonheur peut être synonyme de richesse et du confort qu’elle procure. Un couple âgé peut trouver le bonheur en compagnie d’amis, d’enfants et de petits-enfants… Un yogi n’a pas besoin de grand-chose pour se sentir heureux : il génère son bonheur en pensant positivement et en méditant.

Nos sources de joie reflètent également nos valeurs et notre état d’esprit. Si nous trouvons de la joie à aider les autres, cela montre que l’empathie et les relations humaines sont importantes pour nous. Mais si notre joie ne provient que du statut social ou des gains matériels, cela indique une orientation matérialiste et un désir de validation externe. Une personne qui a besoin d’une stimulation constante ou d’évasion, comme faire fréquemment du shopping ou boire, essaie peut-être d’éviter de se regarder en profondeur à cause du malaise intérieur que cela provoquerait. D’un autre côté, une personne qui se contente du silence est peut-être plus en paix intérieurement.

Si toutes les formes de bonheur procurent une sensation agréable sur le moment, leur profondeur, leur durée et leur impact varient considérablement. La satisfaction sensorielle, comme celle que procure la consommation de bonbons ou l’utilisation de gadgets, est éphémère et dépend d’objets extérieurs. Elle peut entraîner des envies irrépressibles, voire une addiction, en particulier si nous recherchons le bonheur dans des substances telles que le tabac ou l’alcool. À long terme, cette satisfaction n’est pas épanouissante et nous pousse à adopter des habitudes malsaines qui nuisent à la santé physique et mentale.

Le bonheur tiré des relations, des réalisations et de la reconnaissance me parait plus durable que celui procuré par le plaisir sensoriel. Il contribue également à renforcer notre estime de soi, à renforcer les liens sociaux et à développer une identité positive. Mais ce bonheur reste soumis à des facteurs externes. La situation et l’humeur des gens changent, ce qui peut affecter leur relation avec nous. Et si la reconnaissance est gratifiante, elle comporte un risque : plus nous sommes connus, plus nous sommes exposés aux critiques et aux calomnies.

Le bonheur le plus significatif et le plus durable que j’aie rencontré est celui qui naît de l’intérieur, de la conscience de soi, d’un but dans la vie, et de la pratique de la méditation. Le bonheur intérieur ou significatif est non seulement plus épanouissant et durable que le plaisir momentané, mais il conduit également à l’épanouissement personnel et au bien-être.

L’important est de mieux comprendre ce qui nous comble véritablement. Est-ce que je veux continuer à rechercher la joie, la trouver de temps en temps, puis reprendre ma quête ? Cette quête permanente risque de me laisser fatigué, affaibli, insatisfait.

Un état de contentement paisible et stable est tellement plus satisfaisant ! Lorsque je sais que je suis une âme et que je vis selon mes qualités originelles de pureté, de paix et d’amour, le parfum de ces vertus imprègne naturellement ma vie de bonheur. C’est lorsque l’âme viole sa nature originelle que l’inquiétude, la douleur et le chagrin apparaissent.

Plus je suis conscient de moi-même, plus je peux distinguer ce qui me procure un plaisir éphémère de ce qui m’apporte une joie durable. Cette reconnaissance me permet alors de faire des choix plus judicieux qui me produrent un bonheur facile et constant.


A propos de Dr Savita


Dr Savita est professeure de Rajyoga au siège de Brahma Kumaris à Abu Road, dans le Rajasthan.

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