Pourquoi le cercle de nos fréquentations est-il si important ?

B.K. Sheilu

Le dicton « on reconnaît une personne à ses fréquentations » met en lumière une vérité profonde : nous sommes des êtres sociaux, et les personnes qui nous entourent façonnent nos pensées, nos habitudes et nos valeurs de manière discrète, mais puissante.

De bonnes fréquentations peuvent nous guider vers l’épanouissement et une vie pleine de sens, tandis que de mauvaises fréquentations peuvent peu à peu nous éloigner de notre potentiel et nous entraîner dans une spirale descendante d’autodestruction.

Cela s’explique par le fait que nous avons tendance à imiter les personnes avec lesquelles nous passons notre temps. Si nos amis accordent de l’importance à la discipline, à l’honnêteté, à l’apprentissage et à la gentillesse, ces qualités deviennent plus faciles à développer. En revanche, si la paresse, la malhonnêteté ou les comportements nuisibles sont la norme au sein de notre groupe d’amis, ces traits de caractère peuvent se propager tout aussi facilement.

Lorsque nous sommes confrontés à la confusion ou à la tentation, les conseils et l’exemple de nos compagnons sont souvent cruciaux. Les bons amis nous aident à faire des choix plus sages, tandis que les mauvaises fréquentations peuvent nous pousser à commettre des actes que nous risquons de regretter plus tard.

Nous avons tous entendu parler ou lu des histoires de personnalités célèbres, talentueuses et prometteuses, qui ont sombré dans la toxicomanie ou la criminalité après s’être retrouvées dans un mauvais groupe. Cela commence par de petits compromis encouragés par des « amis », pour finir par mener à l’abandon des études, à la ruine de la carrière et à la destruction de la famille.

Les bonnes fréquentations agissent comme un sol fertile. Elles permettent au caractère, à la discipline et à la détermination de s’épanouir. Les mauvaises fréquentations, en revanche, sont comme un poison lent : elles affaiblissent le jugement et érodent les valeurs au fil du temps, causant des dommages durables. Choisir de bonnes fréquentations n’est donc pas une simple préférence sociale : c’est une décision qui peut avoir un impact majeur sur notre vie.

Dans les cultures orientales, on accorde une importance particulière à la compagnie des aînés. Les aînés ont connu le succès, l’échec, la perte, la responsabilité et le changement. Leurs conseils s’appuient sur des conséquences réelles, et non sur de la théorie, et tirer les leçons de leurs expériences permet aux plus jeunes d’éviter les erreurs sans en payer eux-mêmes le prix fort. En Inde, le « satsang », ou compagnie des sages, est considéré comme un élément important de la croissance personnelle et spirituelle. Les aînés et les enseignants sont respectés en tant que dépositaires d’une sagesse accumulée au fil des générations.

Les jeunes se concentrent souvent sur des récompenses immédiates telles que le statut social, le plaisir ou la reconnaissance. Les aînés ont généralement une vision à long terme et se concentrent sur la santé, la famille, les valeurs et l’héritage. Cette vision plus large nous encourage à développer la patience, la discipline et la prévoyance.

Les aînés sont également moins enclins à être impulsifs ou réactifs et plus enclins à réagir avec calme. Passer du temps avec eux nous aide à développer maturité et maîtrise de soi. De plus, les aînés agissent comme un bouclier protecteur contre les pressions malsaines. Les pairs peuvent parfois nous pousser vers une compétition malsaine ou des comportements à risque afin de s’intégrer au groupe. Les aînés font rarement pression sur les autres pour les impressionner ; au contraire, ils encouragent la sincérité et l’épanouissement personnel.

Cela ne veut pas dire que la compagnie de ses pairs soit mauvaise. Les jeunes apportent de la compagnie, de la fraîcheur, de la créativité et de nouvelles perspectives. Cependant, sans l’influence stabilisatrice des aînés, les groupes de pairs peuvent dériver vers l’impulsivité ou des valeurs superficielles. Les aînés agissent comme des ancres, maintenant la croissance alignée sur la sagesse plutôt que sur l’impulsion.

La compagnie ultime, celle qui élève et transforme l’âme, est la compagnie de Dieu. Il ne s’agit pas d’une compagnie au sens physique. Mais lorsque nous passons du temps avec Dieu, en nous souvenant de Lui et de Ses vertus, nous commençons à être imprégnés de Sa « compagnie ».

Lorsque l’âme ressent l’amour inconditionnel, la compassion, la pureté et la paix du Père Suprême et en fait l’expérience, le sentiment d’épanouissement qui en résulte l’inspire à partager cela avec les autres. Une compagnie régulière avec Dieu rend l’âme de plus en plus semblable à Lui. C’est pourquoi les personnes proches de Dieu deviennent des phares qui rayonnent de Son amour. Elles allument dans les âmes de leurs semblables la foi en la bonté chez l’Humain et la foi en la Source Suprême de tout le bon.


A propos de B.K. Sheilu


B.K. Sheilu est professeur de Raja Yoga au siège de Brahma Kumaris à Mount Abu, dans le Rajasthan.

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