Pour déraciner vos faiblesses, cultivez les vertus

B.K. Geeta

Lorsque nous cherchons à nous améliorer, une bonne introspection peut révéler un ou plusieurs défauts à éradiquer si nous voulons devenir une meilleure personne. Ceux qui ont une forte volonté décident parfois de surmonter leurs défauts par la seule force de leur volonté. Cela peut leur sembler une stratégie logique, en raison de leur façon de penser. Mais les faiblesses ne peuvent être éliminées par la force : elles peuvent se transformer en cultivant la vertu correspondante.

Se forcer à devenir la personne que nous voulons être peut fonctionner pendant un certain temps, mais cela se retourne généralement contre nous. La volonté peut créer une résistance interne. Par exemple, si nous essayons de devenir plus calmes et moins colériques, et que nous nous répétons sans cesse : « Je ne dois pas me mettre en colère… », nous nous rappelons en fait que nous avons tendance à nous mettre en colère, renforçant ainsi cette image de nous-mêmes et ce comportement. Cela devient encore plus difficile pour nous de surmonter notre colère.

Se forcer peut permettre de développer de la discipline, mais une telle suppression conduit rarement à un changement durable. Pour parvenir à une transformation réelle et stable, il s’agit de remplacer notre faiblesse par une qualité positive qui la supplante naturellement.

Dans le cas ci-dessus, par exemple, au lieu de réprimer la colère, nous pouvons cultiver la patience et la conscience de soi, ce qui nous aidera à considérer les gens et les situations avec plus de calme et de compréhension, et à réagir de manière appropriée. Cette stratégie apporte un changement profond et transforme notre façon de penser, pas seulement notre comportement superficiel.

Au départ, une certaine volonté est nécessaire pour faire le premier pas, rompre avec une vieille habitude et en adopter une nouvelle. Mais ensuite, ce sont les qualités intérieures que nous cultivons qui maintiennent le changement.

Au cours du temps, des personnalités éminentes ont reconnu une faiblesse autodestructrice : pour certaines, c’était l’alcoolisme, pour d’autres la dépression ou un tempérament colérique. Elles ont alors juré à plusieurs reprises de changer. Ils ont essayé de se réformer par pure détermination, en se faisant la leçon, en faisant des vœux et même en s’isolant, mais la faiblesse revenait toujours. La répression intensifie le conflit intérieur entre une vieille habitude et notre désir de changer, ce qui entraîne une augmentation du stress et des comportements rituels.

Au début de sa vie, Mahatma Gandhi a lutté contre la colère, l’impatience et une tendance à la rigidité morale. Il a essayé de réprimer sa colère par la maîtrise de soi. Il a finalement reconnu que la répression ne faisait que le rendre tendu, critique et incapable de communiquer efficacement avec les autres. Il a alors changé de stratégie, passant de la répression à la transformation, et il a commencé à considérer la colère comme une forme d’énergie à rediriger vers une action constructive. Il a utilisé la réflexion, la prière et la conversation pour absorber et transmuter ses sentiments.

L’expression « Là où va l’attention, l’énergie suit » (When the attention goes, energy flows) exprime le fait que tout ce sur quoi nous concentrons constamment notre esprit a tendance à se développer, à influencer nos émotions et à façonner nos actions et les résultats qui en découlent. Si, pour travailler sur nos faiblesses, nous devons les reconnaître, la manière dont nous les considérons est importante. Si notre attention est purement critique (« J’ai cette terrible habitude… »), cela amplifie le problème et provoquant déception et perte de confiance.

En revanche, une attention constructive (« Comment puis-je travailler là-dessus… ») conduit à l’apprentissage, à la croissance et à de nouvelles stratégies. Nous pouvons considérer notre attention comme un projecteur : dirigé durement vers nos défauts, il les fait paraître plus grands, mais si nous le dirigeons vers la voie à suivre, les prochaines étapes deviennent plus claires.

Si, au lieu de lutter contre nos défauts, nous nous concentrons sur le développement de nos vertus, cette concentration agit comme un engrais et développe les vertus en nous. De vieilles habitudes néfastes peuvent ressurgir de temps en temps, mais c’est normal pendant le processus de changement et il n’y a pas lieu de s’en inquiéter. Il suffit de les ignorer et de rester fermes sur la voie que nous avons choisie.

Finalement, les vertus remplaceront complètement les anciens schémas de pensée et de comportement, et nous découvrirons que nous sommes devenus une personne différente et meilleure. Le premier signe est qu’il n’y a plus de doutes, de peurs ni de luttes intérieures, et que nous sommes naturellement calmes, stables et heureux, sans avoir à faire d’efforts pour l’être.


A propos de B.K. Geeta


B.K. Geeta Didi de Madhuban

B.K. Geeta est professeure de Raja Yoga au siège de Brahma Kumaris à Abu Road, dans le Rajasthan.

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